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19 juillet 1936 – 19 juillet 2026 : Le souffle intact de la Révolution espagnole.

  • lemaraudrevolte4
  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

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Il y a 90 ans, le 19 juillet 1936, le peuple espagnol ne s’est pas contenté de défendre une légalité républicaine chancelante : il a pris son destin en main. Face au coup d’État militaire, fasciste et terroriste fomenté par le général Franco et ses généraux factieux, la réaction populaire fut immédiate, viscérale et créative. En quelques jours, les rues de Barcelone, de Madrid, des campagnes d'Aragon, de Catalogne et d'Andalousie sont devenues le théâtre d'une des plus belles et des plus profondes révolutions sociales de l'histoire moderne.


La CNT prend les armes.

Alors que le gouvernement républicain, paralysé par la peur et l'indécision, refusait de distribuer des armes au peuple pour ne pas déclencher de révolution, la «Confédération Nationale du Travail (CNT)» n'a pas attendu. Organisation géante et fer de lance de l'anarcho-syndicalisme, la CNT comptait alors «plus d'un million d'adhérents». Ce colosse ouvrier représentait la véritable force vive de la Catalogne, de l'Aragon et de l'Andalousie.

Face aux fascistes, le contraste des forces politiques de gauche à ce moment précis est saisissant : la CNT était un syndicat anarchiste et de combat comptant plus de 1 000 000 de membres prêts à l'action, tandis que le PCE (Parti communiste espagnol) n'était qu'une organisation ultra-minoritaire et marginale, ne rassemblant qu'à peine 15 000 adhérents en juillet 1936.


Dès le 18 et le 19 juillet, ce sont les militants de la CNT, aux côtés de la FAI, qui ont pris d'assaut les casernes, saisi les armes, érigé les barricades et brisé l'élan du putsch militaire dans les grands centres industriels. Ce sont eux qui, immédiatement, ont collectivisé les transports, les téléphones, les usines et les terres, prouvant au monde entier qu'une société égalitaire, sans patrons ni État, pouvait fonctionner en pleine guerre.

Le double combat : Contre le fascisme et pour la liberté.


Ce 90ème anniversaire est l'occasion de célébrer ce grand espoir. Cependant, commémorer le 19 juillet 1936 exige une lucidité historique totale. La tragédie de l'Espagne révolutionnaire s'est jouée sur deux fronts indissociables.


D'un côté, le front de la barbarie franquiste a mené une agression fasciste sauvage, soutenue par Hitler et Mussolini, visant à écraser dans le sang toute aspiration à la justice sociale.


De l'autre, le front de la trahison interne a porté un coup de poignard dans le dos des révolutionnaires. Le gouvernement républicain bourgeois, terrifié par la puissance du peuple en armes, s'est allié aux bureaucrates staliniens. Armé et financé par l'URSS, le PCE — bien qu'historiquement minuscule à l'origine — a gonflé ses rangs en attirant la petite bourgeoisie apeurée par la révolution. Au nom d'une prétendue « discipline militaire » et pour complaire aux puissances capitalistes, les staliniens ont saboté les milices ouvrières, détruit par la force les collectivités paysannes d'Aragon et d'Andalousie, allant jusqu'à assassiner les militants anarchistes de la CNT et de la FAI, ceux du POUM et des figures comme Andreu Nin.


En voulant tuer la révolution pour « sauver la république bourgeoise », la coalition républicano-stalinienne a sapé le moral des combattants et a pavé la voie à la victoire de Franco.


« Nous portons un monde nouveau dans nos cœurs, et ce monde grandit en ce moment même. »Buenaventura Durruti


Un héritage pour l'avenir.

Quatre-vingt-dix ans plus tard, le sacrifice des miliciens et des miliciennes confédéraux ne doit pas être confiné aux manuels d'histoire officielle, qui tentent trop souvent de lisser les événements en une simple lutte entre "démocratie libérale“ et ”dictature".

La leçon du 19 juillet 1936 reste d'une brûlante actualité : on ne combat pas le fascisme en s'alliant avec ceux qui l'engendrent, ni en abandonnant ses armes révolutionnaires aux mains de l'État.


Aujourd'hui, nous saluons la mémoire des combattants de la CNT et de la liberté qui ont osé toucher au ciel. Leur courage, leur droiture, leur idéal anarchiste et anarcho-syndicaliste d'autogestion continuent d'éclairer nos luttes.


¡Viva la CNT! ¡Viva la Revolución Social!

 
 
 

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