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La comédie de l’ordre ou les voleurs de valises qui crachent sur les toges

  • lemaraudrevolte4
  • il y a 6 jours
  • 3 min de lecture


C’est un spectacle proprement fascinant que de voir ces nationalistes et fascistes, champions auto-proclamés de l'ordre et de la patrie, pleurer soudainement misère dès que le marteau de la justice bourgeoise daigne enfin frapper à leur porte. Eux qui passent leurs journées à réclamer des prisons pleines à craquer pour le quidam et une impunité totale pour les forces de l'ordre découvrent avec une larmichette à l'œil que l’appareil judiciaire peut aussi, par mégarde, mordre la main qui rêve de tenir la laisse.


Du point de vue de la rue, le tableau frise le génie comique car voilà nos fiers autoritaires qui s’époumonent contre les fameux juges rouges et le laxisme supposé d’un système qui, en réalité, passe son temps à broyer les classes populaires. Il faut une sacrée dose d’imagination pour voir de la complaisance dans les tribunaux de l'État républicain, alors que ces institutions passent ses semaines à condamner à la chaîne les travailleurs en grève et les syndicalistes coupables d'avoir défendu leurs droits face au capital.


L'ironie devient totale quand on voit la chef de file Marine Le Pen et toute la clique du Rassemblement National s'indigner d'être traités comme de vulgaires voleurs alors qu'ils se sont fait pincer pour un détournement massif d'argent public. Ce parti qui prétend laver plus blanc que blanc et défendre le petit peuple a tranquillement organisé un siphonnage méthodique des caisses pour financer ses propres permanents et ses campagnes électorales. Des millions d'euros chipés pour nourrir la machine partisane, des contrats d'assistants parlementaires complètement fictifs pour payer des cadres ou des secrétaires privées, voilà le vrai visage de la rigueur et de la morale nationaliste.


Le comble de l'hypocrisie fasciste éclate enfin dans leur réaction de bêtes acculées, lâchant leur meute numérique et leurs lieutenants pour harceler et proférer des menaces de mort à peine voilées contre les magistrats qui ont osé prononcer la sentence. Ceux qui n'ont que le mot loi à la bouche dès qu'il s'agit de punir la misère se transforment instantanément en syndicat du crime dès que leurs privilèges sont menacés, dévoilant sans pudeur leur projet de société où les juges doivent ramper ou craindre pour leur vie.


Le désastre est encore plus grand lorsqu'on observe ces travailleurs qui, terrassés par une tragique absence de culture historique et générale, courent glisser un bulletin pour leurs propres bourreaux au lieu de choisir l'abstention ou la révolte. Aveuglés par un racisme obsessionnel que les patrons distillent pour mieux les diviser, ils votent pour le fascisme sans même connaître le véritable programme économique du Rassemblement National, un catalogue ultra-libéral totalement tourné contre le monde du travail qui prévoit la baisse des salaires réels, la casse des services publics et l'interdiction des grèves.


Ces grands donneurs de leçons, qui applaudissent systématiquement chaque mutilation en manifestation, chaque coup de matraque et chaque meurtre commis par la police dans les quartiers ou lors des contestations sociales au nom de la sécurité nationale, découvrent la rigueur de la loi dès qu'il s'agit de leur portefeuille ou de leur carrière. Pour ces dévots de l'autorité, le sang versé par la police n'est qu'un légitime détail pour maintenir la paix des puissants, mais qu’un magistrat ose appliquer les textes et priver la famille Le Pen de ses ambitions présidentielles, et voilà que la fachosphère sort les crocs et crie au complot d'État.


Ceux qui rêvent d'un État policier total s'indignent donc d'une justice politique, feignant d'oublier que l’État et ses tribunaux n'ont jamais été là pour être justes, mais pour protéger la propriété et le pouvoir. C'est l'éternelle comédie de la bourgeoisie réactionnaire qui adore la matraque tant qu'elle s'abat sur le dos des révoltés, mais qui bascule dans l'intimidation et la violence mafieuse dès que la paperasse administrative vient perturber ses petites combines de tous politiciens véreux.


Abstention révolutionnaire !


Pour la révolution sociale et libertaire !


Vive l'Anarchie !


 
 
 

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