Pourquoi je suis devenu anarchiste
- lemaraudrevolte4
- 1 juil.
- 3 min de lecture

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On me demande souvent ce qui m’a fait basculer. Est-ce que c’est un bouquin ? Une manif qui a mal tourné ? En vrai, c’est beaucoup plus simple et plus profond que ça : c’est le dégoût d’être fliqué, floué, et le besoin absolu de dignité.
Pendant des années, j'ai joué le jeu. On m’a dit : « Vote bien, et la gauche ou les réformistes vont arranger les choses. » On m'a dit : « Laisse les chefs de partis s'emparer de l'État, et ils s'occuperont de ton bonheur. » J'ai vu des collègues y croire à fond. Ils pensaient qu'on pouvait utiliser les institutions du système pour libérer ceux que le système écrase. Quelle blague.
C'est quand j'ai découvert les textes de Bakounine — ce vieux révolutionnaire du XIXe siècle — que tout s'est éclairé. Ce mec n'avait pas de théories froides ou de dogmes de prof de fac à nous imposer. Il décrivait exactement ce que nous, les travailleurs, on ressent dans nos tripes tous les matins en allant pointer.
L'État est un poison moral
Qu'il soit de droite, de gauche, ou même qu'il se prétende "populaire" ou "anticapitaliste", l'État reste l'État. C'est une machine administrative à broyer, le pouvoir d'une poignée de bureaucrates et de technocrates sur nos vies. Donner le pouvoir à un représentant de la classe ouvrière ne le rend pas meilleur ; ça en fait juste un nouveau patron en costume. Comme disait Bakounine, si vous prenez le plus rouge des révolutionnaires et que vous l’installez dans le fauteuil du président avec tous les pouvoirs, au bout d'un an, il sera pire que les dirigeants actuels. Le pouvoir rend fou, toujours.
La liberté sans l'égalité n'est qu'un mensonge bourgeois
Aujourd'hui, on nous rabâche le mot "liberté" à toutes les sauces. Mais c'est quoi ? La liberté pour le grand patron d'ubériser nos vies et la liberté pour nous de crever de faim ou de faire un burn-out pour un Smic. À l'inverse, l'égalité sans la liberté — celle que nous préparent les amoureux du contrôle et de l'autoritarisme — c'est le modèle du Stalinisme ou du flicage permanent. Nous, on veut l'organisation de la société de bas en haut, par l'autogestion, par des collectifs de travail et des syndicats de base horizontaux, et sûrement pas des décrets qui tombent d'un ministère ou d'un comité central.
La destruction est un acte créateur
On nous traite de casseurs, de zadistes, de semeurs de chaos. C'est faux. Si on veut abattre le capitalisme, l'appareil d'État, les institutions financières et ce système de flicage permanent, ce n'est pas par amour de la violence. C'est pour que la vie, la vraie solidarité et l'entraide puissent enfin respirer sur les ruines de l'autorité. On ne bâtit pas un monde juste et fraternel sur des fondations complètement pourries par le fric et le pouvoir.
Je suis devenu anarchiste parce que j'ai arrêté d'attendre un sauveur suprême. Je ne veux plus de chefs, plus de patrons, plus de députés ou de technocrates qui parlent en mon nom. Je veux la démocratie directe, la révolte vivante et la solidarité internationale de tous les travailleurs. Je veux l'anarchie : c'est-à-dire l'ordre véritable, celui qui naît de la liberté et de l'égalité réelle.
C'est pour ça que je me suis battu hier, que je me bats aujourd'hui, à l'usine, dans la rue, avec mes compagnonnes et compagnons d'ici et les exploités du monde entier. L'avenir nous appartient.
Vive l'autogestion !
Vive la Révolution sociale !


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